Seniors : le bilinguisme pour améliorer le fonctionnement cognitif

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Une nouvelle étude publiée dans la revue The Journal of Neurolinguistics suggère que les seniors bilingues depuis des années utilisent leurs ressources cérébrales plus efficacement et de manière plus économique que leurs pairs monolingues.

Une utilisation différente des régions du cerveau

Des chercheurs canadiens sont arrivés à cette conclusion après avoir étudié la connexion du cerveau chez des seniors, avec l’aide de l’imagerie cérébrale.

« Après des années de pratique quotidienne à gérer les interférences entre deux langues, les bilingues deviennent des experts dans la sélection des informations pertinentes, ignorant les informations qui peuvent distraire de la tâche », commentent les chercheurs.

Lorsque nous sommes engagés dans une tâche, nos cerveaux recrutent des réseaux différents, en fonction de la nature de la tâche. Les chercheurs ont constaté que lors de l’exécution d’une tâche nécessitant une concentration sur un élément d’information spécifique, le cerveau des seniors monolingues recrutaient un grand circuit avec plusieurs connexions. Les seniors bilingues ont recruté quant à eux un circuit plus petit et plus pertinent pour l’information requise.

Lors de la concentration sur un objet, le cerveau utilise des circuits qui traitent la fonction visuelle, comme la couleur par exemple, et la fonction motrice, comme l’information spatiale. Pour cette étude, les chercheurs ont invité 2 groupes de seniors (10 francophones, 10 anglophones-francophones), à effectuer une tâche au cours de laquelle ils devaient se concentrer sur la couleur d’un objet tout en ignorant sa position.

La tâche consistait à répondre sur un écran sur lequel des carrés jaunes ou bleus apparaissaient, un à la fois et aléatoirement, à gauche ou à droite.

Les participants furent invités à appuyer sur une touche sur la gauche pour un carré jaune, et une touche sur la droite pour un carré bleu, indépendamment de leur position sur l’écran.

Tous les participants étaient âgés de 63 à 84 ans. L’âge auquel ils ont appris leur seconde langue allait de 8 à 30 ans.

Les chercheurs ont surveillé leur activité cérébrale durant le test à l’aide de l’IRM, ce qui leur a permis de comparer les connexions fonctionnelles du cerveau dans les différentes zones de ce dernier.

Les cerveaux de seniors bilingues sont plus efficaces et économiques

Les résultats ont montré que le cerveau des seniors bilingues avaient une meilleure connectivité entre les zones de traitement visuel situés à l’arrière du cerveau. « Ces résultats soutiennent l’idée que le cerveau bilingue est en mesure de traiter les interférences en allouant plus ou moins de ressources spécifiques à la tâche. En revanche, le cerveau des monolingues semble se fonder sur un réseau multifonctionnel plus large comprenant un large ensemble de nœuds de traitement dédiés au traitement exécutif ».

Les chercheurs suggèrent que le bilinguisme peut bénéficier au cerveau de 2 façons. Tout d’abord, il préserve les ressources en ayant des connexions plus centralisées et spécialisées. D’autre part, alors que le cerveau monolingue utilise des connexions cérébrales diverses, le cerveau bilingue permet d’obtenir le même résultat sans avoir recours à des régions frontales exposées au vieillissement. Ce qui pourrait expliquer pourquoi le cerveau bilingue semble mieux résister aux signes du vieillissement cognitif et à la démence.

 

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