Médiocrité de l'outil de dépistage de la malnutrition chez les seniors

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Selon les conclusions d’une nouvelle étude britannique, l’outil actuel de dépistage de la malnutrition chez les personnes âgées (MUST) n’offrirait que des résultats médiocres et peu fiables sur la réalité des patients hospitalisés à risque de sous-alimentation ou de malnutrition.

Des patients âgés à risque de malnutrition pourraient ne pas être déclarés comme tels

L’outil de dépistage universel de la malnutrition (MUST) est actuellement utilisé dans tous les hôpitaux et établissements de soins au Royaume-Uni. Il formule un risque de malnutrition sur la base de l’indice de masse corporelle (IMC), la perte de poids et la présence d’une maladie aigüe ou d’une sous-alimentation durant 5 jours. Le score obtenu fait partie de la base sur laquelle les décisions cliniques et diététiques sont formulées.

L’étude, qui visait à étudier et à comparer la capacité de prédiction de la malnutrition dans un groupe de patients âgés hospitalisés en utilisant l’outil actuel de dépistage des risques nutritionnels, a conclu que celui-ci n’était pas le meilleur pour évaluer le risque de malnutrition dans ce groupe.

Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont mené leur étude sur 78 patients âgés hospitalisés dans deux services hospitaliers à Lincoln en Angleterre. Ils ont comparé le MUST avec le mini-formulaire d’évaluation nutritionnelle (MNA-SF), une version de dépistage à l’aide d’un formulaire court de six questions, et l’impédance bioélectrique (BIA), une méthode couramment employée pour estimer la composition du corps, en particulier de la masse de graisse corporelle.

La malnutrition est une maladie grave associée à une augmentation de la mortalité chez les personnes âgées fragiles et à un risque accru de complications avec l’apparition de maladies aigües ou chroniques.

L’équipe a découvert qu’il avait une corrélation médiocre et non fiable entre les deux tests, avec le MUST indiquant systématiquement les patients dans la catégorie « à risque faible », alors que le MNA-SF les indique davantage dans les catégories « à risque » et « à haut risque » de malnutrition.

Le principal auteur de l’étude, le Dr. Adrian Slee, du département des sciences de la vie de l’université de Lincoln a déclaré : « L’étude a montré des différences significatives claires dans la classification des groupes de risque de malnutrition entre le MUST et le MNA-SF ».

« Les données du BIA soutiennent le MNA-SF comme un outil plus incisif dans cette étude. Ces données préliminaires peuvent avoir des implications cliniques importantes et mettent en évidence la capacité potentielle du MNA-SF et du BIA à évaluer avec précision le risque de malnutrition. Cela peut remettre en cause l’utilisation du MUST comme étalon pour évaluer le risque de malnutrition chez les patients âgés hospitalisés particulièrement fragiles au Royaume-Uni. Cela suggère également qu’une proportion élevée de patients à risque de malnutrition ou en état de malnutrition ne soit actuellement pas déclarée. Une étude plus approfondie est requise, car la catégorisation nutritionnelle des risques a un impact important sur les décisions cliniques ultérieures concernant l’alimentation et la nutrition chez les patients âgés sur les services hospitaliers », poursuit le Dr. Slee.

Les systèmes actuels n’ont toutefois pas d’effets néfastes pour les patients, mais pourraient être largement améliorés.